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PSEUDO : Rænthnx
CRÉDITS : jake & gâteau


Bestial

Sujet: 'Nthandæ ••• The universe seems neither benign nor hostile, merely indifferent.   Lun 16 Juin - 22:35

identité

imagine that the life you thought you shared wasn't really there




••• Nom : 'Nthandæ
••• Surnom(s) : En fait, y a peu de chances que tu connaisses mon nom. Tu me connais sûrement sous le nom d'A'than. Mais tu peux toujours m'appeler Than. Ou le clown blanc. Ou ce que tu veux.
••• Racine : Grraaaw j'te bouffe ! (Bestial on l'aura compris)
••• Branche : L'hybride coagulé.
••• Vieillesse : Ni enfant, ni adulte, je suis dans la fleur de l'adolescence. Oui, il m'arrive d'être poète ♥️
••• Planète d'origine : Cassiopea. Et ouais. Ça t'en bouche un coin, hein ?

••• Pulséen, que penses-tu de ta chère galaxie ? Bah. Rien à foutre. C'est une galaxie, c'est tout. Elle est variée, les planètes sont parfois marrantes, parfois pas, et puis voilà. C'est mon monde, avec ses qualités et ses défauts.
••• Et les autres habitants ? Comment les vois-tu ? Est-ce réellement l'harmonie entre vous ? Bwahahah. Certains sont cons, d'autres marrants. Certains naïfs, d'autres trop... trop trop. J'ai envie de les faire voltiger, tous ! Certains en les tenant par les mains pour tournoyer afin de les faire rire, d'autres en les lâchant pour les laisser s'écraser lamentablement par terre.
••• Pas trop difficile la vie sur Pulsar, dis moi ? T'es con, toi. C'est comme si tu demandais : « Pas trop difficile la vie dans le seul univers que tu connais ? » Tu t'attends à quoi comme réponse ? Je ne connais que Pulsar, je n'ai strictement aucun élément de comparaison. Oui, c'est difficile, c'est pas pour ça que je vais cracher dessus et me casser dans les limbes de l'espace jusqu'à ce que mort s'ensuive.
••• Ton avis sur votre politique ? Qu'on se le dise, Phoebus ne sert à rien. Il paraît que ça vient de lui, le trou noir apocalyptique, là. Que ce mec est une tare voire une malédiction. Tout ça, rumeurs, rumeurs, mais une chose est sûre : il n'a jamais servi à rien, ce mec. Les gens s’entre-tuent sur Bifröst, se font des choses encore plus sales sur Sparklux, crèvent de chaud sur Cogstrom... Y a aucune politique. C'est même pas l'anarchie, c'est juste le bordel.
••• Et les humains, ces drôles de créatures, comment les reçois-tu ? Méfiant ou accueillant ? Un avis quelconque sur eux ? Y sont fuuuns. J'veux les découvrir, tous, et leur faire comprendre que Pulsar peut les accueillir malgré ses défauts. Les racistes, je leur crache à la figure (ou les défie au poker pour les ridiculiser hinhinhin), les autres je les traite comme les pulséens.
••• Quel souhait fais-tu aux étoiles du ciel de ta Galaxie ? Je veux voler. Voler, voler, à la vitesse de la lumière, à travers les différentes couches de l'espace. Je veux défier les lois du temps et de l'espace et passer entre leurs nœuds, visiter le passé et l'avenir, ralentir l'écoulement du sable dans un sablier, et voler à travers les galaxies et les univers, découvrir le multivers !
Et être libre. Surtout, surtout. C'est le plus important.
••• Vas-tu briller, pulséen ? Je ne peux pas briller, désolé. Sauf à travers mes pitreries et mes sourires.


personnalité

It just existed in your head The reflection used wasn't you


Tu veux savoir qui je suis ?
Tu ne le sauras pas. Jamais.
Pour toi, je ne serai que A'than, le clown blanc, le saltimbanque aux poches trouées, le mélancolique, le poète raté, le sanguinaire bouffeur de viande, le bohème un peu trop souriant, le bourrin, le menteur, le tricheur aux jeux de carte, le comique pas drôle, la mort, la vie, un inconnu.
Pour toi, je ne serai personne.

A'than, il se montre jeune, insouciant, souriant. Un peu poète, un peu chanteur, un peu musicien, un peu habile de ses mains, il adore jouer aux cartes, tricher au poker, raconter des histoires sans queue ni tête ou pousser la chansonnette. Il cligne des yeux, fait de grands signes et s'avance vers les gens pour les aborder sans adresse, loin d'être timide. Il aide son prochain en lui donnant de l'eau ou à manger, il relève les enfants qui chutent en s'emmêlant les pieds dans les pédales de leur petit vélo, il tape doucement sur l'épaule de la jolie fille qui ne peut retenir ses larmes en public à cause d'une peine obscure.
A'than est générosité. Amitié. Altruisme. Bonne humeur.
A'than n'attend pas. Il repart sans un regard par-dessus son épaule et disparaît comme un ectoplasme dont on imagine la chevelure blanche voler au vent dans un air dramatique joué par un piano mélancolique. Trop souvent, on lui a crié d'attendre.
Mais A'than n'aime pas cela. Il n'aime pas attendre la permission de la maman pour discuter avec son bambin qui mastique de la réglisse à la fraise carnivore, il n'aime pas attendre la fin d'un discours barbant pour quitter son interlocuteur, il n'aime pas attendre le coucher du soleil pour quitter sa cachette et crier liberté.
A'than est impulsion.

Mais 'Than n'est pas que bonne compagnie et généreux ami, il est également impétuosité, moquerie, mépris, orgueil.
'Than juge les gens et a facilement tendance à donner la leçon, même si cela se retourne contre lui. 'Than est rancunier et, malheureusement, possède une bonne mémoire des visages qui lui permet de coller des étiquettes aux gens qu'il n'apprécie pas.
'Than possède sa dose d'égoïsme et manque d'empathie, il ne comprend pas toujours comment les gens fonctionnent, ne sait pas pourquoi ils sont tristes, pourquoi ils rient, pourquoi ils tiennent tant à la fidélité et à d'autres chaînes, pourquoi ils sont qui ils sont.
'Than n'est sensible que pour lui-même, et pas vraiment pour les autres. Ou peut-être si, mais juste un peu alors...

Car 'Than n'est personne.

Un jour, peut-être, on le voit saigner.
Un jour, peut-être, on le voit se battre.
Un jour, peut-être, on découvre 'Nthandæ.

'Nthandæ est un hybride, il ne sait pas quoi, il ne sait pas pourquoi, il ne sait rien. C'est son père qui le lui a dit.
'Nthandæ est un mauvais mélange de gênes qui lui ont donné une grande force physique et un don de régénération inné. Si on lui coupe un bras, pour peu qu'il survive, le bras repoussera exactement comme il était.
'Nthandæ est un animal de guerre. Ses griffes transpercent les poitrines, son sang acéré tranchent les gorges et son œil gauche capable de tourner intégralement dans son orbite attirerait la fascination de nombreux biologistes.
'Nthandæ est l'amertume d'un chocolat trop cacaoté. Il essaie d'y rajouter le lait de la générosité et du sourire pour l'adoucir, mais son cœur reste pesant de battements lents et puissants. Il craint chaque jour que ses pulsions prennent le dessus, le poussant à arracher la vie de l'être vivant le plus proche, il craint chaque jour que son instinct de monstre ne l'envahisse tout entier et le pousse à faire des choses affreuses.
C'est pour cela qu'il ne reste jamais très longtemps en compagnie des gens. C'est pour cela qu'il se cache. C'est pour cela qu'il porte un faux nom. C'est pour cela qu'il porte des manches longues et des gants pour cacher ses pattes avant bestiales.
Il ne veut pas faire de mal.
Et, plus que tout, il ne veut pas qu'on le retrouve et qu'on le jette au combat comme un vulgaire chien férocement dressé... ou comme une banane explosive.



histoire

And wherever you are, land on another star


I

Tous sont misérables. Certains se trouvent assis au bord des rues piétonnes, leur casquette déposée devant leurs pieds nus. D'autres déambulent sur les trottoirs, répétant les mêmes « une petite pièce s'vous plaît, c'est pour pas mourir de faim demain ». Quelques uns se tiennent sur les quais des transports en commun et chantent d'une jolie voix travaillée.

Et quelquefois, on les poursuit. Alors ils remballent leur joli minois, leur voix angélique et leur couvre-chef et ils courent à travers les rues, bondissent, passent par des fenêtres, sautent sur des voitures volantes et les toits de tunnels de verre, et disparaissent avant qu'on ait pu en attraper un. On déplore parfois une mauvaise chute voire une nuque brisée.

C'est ainsi quand la seule loi commune à la galaxie se résumé à « brillez ». Tout est beau, joyeux, coloré, vivant, luisant... ou presque.

Le soir, les enfants se retrouvent dans un des rares petits coins malfamés de la capitale et comptent les sous qu'ils ont récoltés. Ils doivent tout donner au Père et celui-ci les nourrit alors de bons petits repas avant de les aligner pour les faire chanter encore avant le coucher.
Le Père, c'est leur père à tous. Celui qui les nourrit, leur donne un toit, une occupation, un rôle puis un but quand ils grandissent. Le Père n'est pas seul, il a quelques amis disséminés partout sur la galaxie, ces amis au cœur grand comme le Sien qui ramassent les gamins et gamines mourant de faim pour les emmener dans la meilleure planète de Pulsar.



II

— Comment t'appelles-tu ?
Ils sont bien habillés. Bien coiffés. Ils sentent bon. Ils sourient doucement. L'un a la peau bleutée, l'autre légèrement orangée. Ils se tiennent côte à côte et le regardent, lui, parmi tous les autres orphelins de ce centre.
— 'Nthandæ.
Ils se regardent. Ils n'ont pas compris. Alors, sans attendre, il répète plus lentement son prénom.
— Énnétanndaé.
Il a l'habitude de devoir redire son prénom plusieurs fois. Il sait également quelle sera la question suivante.
— Peux-tu l'écrire ?
Bingo. Il hausse les épaules et répond cette phrase honteuse.
— Non. Je sais pas écrire.
Beaucoup de gamins de sa mentalité savent au moins écrire leur prénom, lire quelques brides de phrases, quelque chose, n'importe quoi. Beaucoup ont été élevés par quelqu'un avant d'être séparé de cet adulte à cause de la mort ou n'importe quoi d'autre. La misère n'est pas très répandue à Cassiopeia, tout du moins pas celle dans laquelle 'Nthandæ a grandi. Il n'a souvenir ni de son père, ni de sa mère biologiques. Il n'a que deux connaissances.
— On nous a dit que tu chantais bien... ?
— Oui. Mais je veux pas vous faire écouter. Je suis pas un animal de cirque. Je suis une personne.
— Ne t'inquiète pas, nous n'avions pas l'intention de te le demander de façon aussi impromptues, n'est-ce pas Taral ?
L'homme orangé acquiesce.
— Nous voulons seulement discuter avec toi. Tu veux bien ?

Ils reviennent plusieurs fois pour... discuter. Il comprend qu'ils veulent faire connaissance avec lui. Qu'ils le trouvent gentil. Qu'ils apprécient son visage sage malgré son regard dur. Qu'ils voudraient bien lui apprendre à la lecture, l'écriture, la philosophie telle qu'ils la connaissent, la science... Qu'ils voudraient lui donner une culture autre que la connaissance des moindres recoins de la planète capitale. Pourquoi lui et pas un autre ? Il n'en sait rien. Toujours est-il que quand il les aperçoit à l'entrée, il abandonne aussitôt ses copains pour les saluer. Il se met à leur rendre leur sourire et leur raconte une anecdote toute fraîche. Ils les aiment bien. En échange, ils lui apprennent pourquoi ils voulaient adopter un enfant, pourquoi il leur est impossible d'en concevoir un tout seuls alors que leurs corps et leurs branches sont logiquement compatibles à un détail près. Chacun donne un bref résumé de son enfance, l'un à Aspera, l'autre à Desitis. Ils se sont rencontrés par hasard à la capitale alors que le premier cherchait à s'installer pendant que l'autre n'était que de passage. Ils se sont revus plusieurs fois, se sont connus, se sont aimés, se sont liés, mariés. C'est une histoire très simple de deux hommes très ressemblants mentalement alors qu'ils viennent de deux mondes différents.
'Nthandæ aime bien parler avec eux. Curieux, il accepte volontiers qu'ils lui montrent les rudiments de la lecture. Finalement, ils lui posent la question fatidique, la question magique.
Et il accepte de former une famille avec eux.



III

Leur appartement est si grand. Si beau. Resplendissant. Une grande chambre juste pour lui, à laquelle il ne manque que les couleurs.
Estomaqué.
Les murs sont blancs, les meubles gris, la couette de son lit d'un marron terne terreux. Est-ce une mauvaise farce qu'ils lui font ?
Taral sourit.
— Choisis les couleurs de chaque élément de ta chambre.
Il fronce les sourcils, sans comprendre. Grendetæ l'encourage alors, timidement...
— Je voudrais que ce mur soit vert...
Taral sourit, encore. Il ouvre le cahier qu'il tenait dans sa main à la page des verts et lui demande d'en choisir un dont il notera l'id. Il prend ensuite un gros feutre noir et note les chiffres sur le mur blanc. Toujours sans comprendre, l'enfant choisit la couleur commune aux trois autres murs, puis celle de son bureau, de ses étagères, de son armoire, de son lit, de sa couette, de sa lampe de chevet... Sous les encouragements, il précise les motifs, gribouille ceux qu'il connaît le mien, trouve des images des autres. Le temps file à une vitesse incroyable tandis que, méticuleusement, il apporte des précisions pour chaque détail. Il ne sait pas du tout comment ils vont faire mais ils l'ont persuadé qu'ils le feront.

Excité, il a eu du mal s'endormir dans la petite pièce annexe de la première nuit. Il ressemblait à un enfant à la veille de Noël, sachant que les cadeaux allaient apparaître dans son sommeil et se révéler à lui dès le lever du soleil.
Les premières lueurs le sortent aussitôt du sommeil et il n'attend pas pour se précipiter dans sa chambre pour constater le résultat.
Il en reste coi de stupeur. Tout est exactement comme il l'a décidé. Il inspecte chaque détail, tout a effectivement été coloré comme il le souhaitait. Une main se pose sur son épaule, le faisant sursauter. Il se retourne et croise le regard malicieux de Grendetæ.
— Ça te plaît ?
— Oh oui ! Tout est parfait !
— Installe-toi donc, tu es chez toi ici. Le petit-déjeuner aura lieu dans deux heures, le temps que Taral finisse sa nuit.
'Nthandæ va donc chercher ses quelques affaires dans l'autre pièce pour les ranger dans sa chambre toute belle. Elle sent légèrement l'odeur de cette « peinture », un parfum qui pique un peu le nez, si bien qu'il ouvre la fenêtre et contemple la vue de la capitale. Par cette heure, tout est calme. Les couche-tard sont au lit, les autres pas encore levés. Certains prennent un café, essayant d'émerger pour une longue journée de travail dans les bureaux. Il hume les senteurs diverses qui s'entremêlent dans l'air frais des aurores.

Deux heures plus tard, quand il boit sa boisson chaude en compagnie de ses deux pères adoptifs, il ne peut s'empêcher de demander comment ils ont fait. Taral montre les bandages qui recouvrent ses mains.
— C'est ma spécialité !



IV

Cela fait un moment qu'il s'est intégré dans sa famille. Comme promis, ses parents lui ont appris à lire et écrire et, dès qu'il en eut suffisamment appris, il choisit lui-même l'orthographe de son prénom, le rendant très volontairement original et complexe.
À présent, il suit des cours par correspondance payés par ses parents qui lui partagent également leur culture. Taral lui présente ses passions, quelques philosophes pulséens, lui fait lire de grands classiques de la littérature de la galaxie toute entière tandis que Grendetæ lui apprend à compter, à calculer, à utiliser sa tête de façon pratique, à s'organiser, à user des nombres pour un maximum de situations. Plus ils remplissent la tête de leur fils, plus ce dernier en redemande. Durant ce qu'il lui semble une éternité, sa coupe était vide, seulement parsemé dans le fond de noms de rues et de paroles de chansons. À présent, il se sent plein, intelligent, et se surprend à prendre de haut les enfants du quartier.
Le seul point où cela coince, c'est la musique. Ses pères, l'un comme l'autre, le savent doué pour le chant. Ils l'ont plusieurs fois entendu à la dérobée dans sa chambre ou dans la salle de bain, 'Nthandæ étant du genre à chanter sous la douche. Ils veulent lui donner des cours, lui faire découvrir des morceaux, lui faire essayer des instruments de musique... Ils veulent le plonger là où il ne veut surtout pas se perdre.
— La musique, c'est fini, disait-il, refusant d'admettre qu'il lui arrivait encore de chantonner. Je ne veux plus être là-dedans. C'est tout.



V

Le coup est parti tout seul...
Il monte sa pâte sur son oreille douloureuse et la retire les coussinets maculés de sang. Ça fait mal... Ça fait vraiment mal.
Un hoquet lui échappe depuis le fond de sa gorge alors qu'il redresse le regard sur son agresseur tout aussi choqué que lui. Cet agresseur qui n'est autre que son meilleur ami.
— Je suis désolé ! Vraiment, vraiment, vraiment désolé ! s'exclame ce dernier, je sais pas ce qu'il m'a pris, je... je...
C'est la première fois que cela lui arrive, cette rage soudaine alors que son camarade ne faisait que le taquiner gentiment. Il ignore ce qu'il s'est passé dans sa tête à cet instant précis, il essaie de comprendre mais n'y parvient pas. Les larmes aux yeux, il répète les mêmes mots sans parvenir à justifier son acte.
Le coup est parti tout seul.

Quand il rentre chez lui, 'Nthandæ est tout secoué. Ses deux parents sont absents alors il se retrouve seul, seul dans ce grand appartement, seul face à lui-même. Seul face à ces mèches blanches qui parsèment chaque jour davantage sa chevelure châtain, seul face à ce visage qui perd ses rondeurs, ce nez moins parfait, ces sourcils eux-aussi devenus bicolores, sa peau plus blême que jamais à cause de l'émotion qui rougit ses yeux et gonflent ses paupières humides.
Il ne veut pas devenir violent.
Il ne veut pas.
Mais... Chaque frustration est plus forte que la précédente. Chaque fois, son cœur est plus amer, ses mâchoires plus serrées, ses poings plus crispés. Il veut cracher. Il veut frapper. Il veut se défouler mais il se retient. Il peut se retenir.
Cependant, cette fois était trop soudaine pour que sa raison ait eu le temps de le retenir.
Il baisse le regard vers ses mains griffues avant de se saisir d'un coupe-ongle.

Taral est le premier à rentrer du travail. Comment souvent, des bandages recouvrent ses mains, ses mains qui lui servent à gagner sa vie, ses mains magiques qui peignent toute matière dans la couleur désirée. Quand il voit son fils en larmes, deux doigts enveloppés dans un torchon, il se précipite pour les découvrir. Deux griffes ont été coupées bien trop courtes, le nerf sectionné, le sang affluant, l'ensemble gonflé. Il s'empresse de donner les premiers soins à 'Nthandæ sans chercher à savoir pourquoi il a fait ça – il le devine en son fort intérieur. Ensuite seulement il le console en le serrant dans ses bras et lui murmure qu'il ne faut plus recommencer, peu importe la raison.
Grendetæ est davantage inquisiteur quand il apprend la scène une fois rentré. Calme et le regard tendre, il tient toutefois à savoir pourquoi 'Nthandæ a agi ainsi. Quand ce dernier lui avoue son geste violent envers son meilleur ami, il n'est ni grondé ni puni par ses parents qui considèrent qu'il s'est puni lui-même de façon bien douloureuse. Ils répètent qu'il ne faut plus se faire du mal ainsi et que son ami, s'il en est vraiment un, lui pardonnera.

Et ils ont raison. Le lendemain, quand Than vient le retrouver, la tête baissée et les poings enfoncés dans ses larges poches, son ami lui sourit et laisse échapper une plaisanterie à propos de la tête que lui donne le gros pansement sur son oreille.



VI

Mais la rage grandit en même temps que Than. Il ne sait pas comment ni pourquoi, il ne sait pas d'où vient ce changement, il ne sait pas... Il ne sait pas...
Il se met à tenir tête à ses parents, à les blesser, à leur cracher ses mots ignobles quand ils n'accèdent pas à ses désirs.
Il se met à se disputer avec les gamins eux aussi caractériels de son quartier, il entame sa première bagarre, baptême qui ne sera pas sans conséquences. Il crache sur la stupidité de certains, prend de haut les filles qui le draguent timidement.
L'on dirait chez les humains qu'il est en pleine crise d'adolescence.
Mais c'est plus que ça. C'est un changement radical. Une violence qui grandit et grandit et refuse de se calmer. Ce sont des grognements bestiaux qui lui échappent quand il est en colère. Des griffes acérées qui se déploient malgré lui, un regard sauvage, des canines qui ne souhaitent que mordre la jugulaire de son adversaire. Et seule sa pauvre raison malmenée par tous ces changements parvient à le retenir de commettre l'irréparable.

Alors, plus que tout au monde il veut savoir qui il est.
Il veut savoir d'où il vient.
Il lit ses papiers d'adoption et veut mener l'enquête mais ses parents s'y refusent et préfèrent s'en charger eux-même. Ils n'obtiennent qu'une énième dispute et un claquement violent de cette porte dont le chambranle s'est brisé deux fois par le passé à cause de la force incontrôlée de leur fils. De toute façon, eux aussi veulent savoir d'où vient ce sang palpitant qui fait souffrir leur fils.

Than rage, Than pleure. Than est douleur, Than est carnage. Il met sens dessus dessous toute sa chambre. Il n'en peut plus, il n'en peut plus... Quelle est cette boule de violence qui explose dans sa poitrine ? Ouvrant la fenêtre, il bondit et s'enfuit, expérimentant sa première fugue.



VII

Désespérés eux aussi, ses pères l'ont inscrit à un club d'art martial où il peut se défouler tout en apprenant à respecter des règles strictes. Si Than a bien failli se faire renvoyer au début, il a de justesse réussi à s'y faire et a appris à canaliser ses émotions et ses pulsions.
À présent que tout le monde est rassuré, ses parents ont pu se concentrer sur leur enquête sur son identité. Ils ont rencontré de nombreuses personnes, ont involontairement lancé le démantèlement de la secte à laquelle leur fils avait appartenu avant de finir à l'orphelinat, et ils ont remonté, lentement mais sûrement, vers le sang qu'il recherche. Ils s'attendaient à devoir converser avec une femme bestiale dans un clan isolé de Bifröst mais cela ne se passa pas vraiment comme ils l'avaient imaginé.

Il regarde ses cheveux devenus blancs et se trouve moche. Contrairement à ses parents, il est sans couleur. Peau blanche, cheveux blancs, yeux cristal... Alors, pour aller avec l'ensemble, il s'habille de blanc, gris, noir.  Car, pour ne pas céder au rouge, pour ne pas devenir tout feu tout flamme, l'œil rouge et le sang coulant de sa lèvre mordue, il doit rester sans couleur, porter cette armure achromatique. Il a arrêté de pleurer à tout va comme un gamin, il préfère sourire en noir et blanc et apporter un peu de bonheur. Il a appris à jongler avec des tas d'objets pour faire plaisir aux enfants. Il aime bien voir leurs yeux s'illuminer. Il a appris à être gentleman avec les filles. Il leur ouvre la porte et les complimente sur leur parfum. Cela suffit souvent à leur arracher un petit sourire gêné. Il a appris à jouer aux cartes, à les mélanger, les mixer, les faire disparaître et réapparaître, gagner au poker sans cesser d'étirer ses lèvres.
Il a appris à devenir qui il est.
Il passe sa main dans sa chevelure pour l'ébouriffer un peu. Lui, si homme, est un être tout en délicatesse, les émotions émoussées, les pensées s'entrechoquant. Ses mains de pianiste et son apparence mince, sa taille plus petite que la moyenne des hommes qu'il a pu croiser à Cassiopeïa, ces gants qu'il porte pour s'entraîner à garder les griffes rentrées.

Un hybride, hein ? Un hybride de quoi et quoi ?



VIII

L'homme est âgé. Des rides sur son visage, des paupières presque refermées sur son œil droit tandis que le gauche reste exorbité et fébrile. Il s'appuie sur une canne pour avancer, des mèches blanches lui tombant sur le visage.
Than perd son sourire quand il l'aperçoit, vêtu de beaux vêtements un peu usés. Il a l'odeur de celui qui a sauté la douche plusieurs jours d'affilé, pas beaucoup mais suffisamment pour que son nez le remarque. Il possède le regard de celui qui a trop vécu et en est fatigué. Quand à son sourire...
Ce sourire est cruel.
Than l'observe de son coin obscur, voyant sans être vu. L'homme est accompagné bien sûr. Il parle des beaux jours passés qui lui manquent et de tous ces enfants dont il prenait soin. Il soupire. Un sourire.
— Montre-toi, étranger. Ce ne sont pas des manières d'espionner un vieil homme.
Alors Than sort de l'ombre et fixe cette personne âgée qui darde son regard sur le sien, ce regard qu'il méprise déjà tandis qu'il exècre ses iris faussement purs.
— Qui es-tu, gamin ?
« Je ne suis pas un gamin, retient-il entre ses dents. »
— 'Nthandæ.
L'homme exprime de l'étonnement sur son visage. Il se souvient de ce prénom. Than, lui, serre les poings si fort que ses gants craquent doucement et ses paumes se mettent à saigner. Sans s'en rendre compte, il commence à se mordre les lèvres.
— Cela fait longtemps que je ne t'ai pas vu, Ene. Je te pensais mort à vrai dire, je suis plutôt content que ce ne soit pas le cas.
Une pause.
— Pourquoi sembles-tu furieux ?
— Parce que je le suis, souffle Than.
Son sang palpite contre ses tempes tandis que ses pensées et ses émotions se bousculent, se bagarrent, se blessent, se crèvent, ses saignent.
— Sais-tu qui était ta mère, Ene ?
— Ma mère était sûrement meilleure que vous.
— Ta mère était un animal sauvage qui faillit te tuer à la naissance.
— Je suppose que vous êtes mon sauveur ?
Rictus crispé face à un sourire mielleux.
— Tu as toujours été vif d'esprit, Ene. J'appréciais cette qualité chez toi.
Va. Te. Faire. Foutre.
Il n'en peut plus de bouillonner. Sa lèvre éclate. L'univers se teint en rouge sang. Il découvre ses babines et grogne, sortant ses longues griffes à travers ses gants foutus.
Mon Père.
Je vais te tuer.
Je vais te tuer.
— Attends...


IX

Son bras monstrueux arraché.
Son œil gauche détruit.
Son muscle cardiaque crevé.
Le sang sur sa poitrine.
La mort dans l'âme.
Enfer derrière ses yeux, enfer dans sa tête.
Souffrance, souffrance, souffrance, souffrance.

Je vais mourir, hein ?

Mais le sang change de sens. Il revient. Il coagule. Il cicatrice les blessures.
Et le cœur bat, bat, bat.
Lassitude.
Il se réveille en morceaux mais vivant.
Des jours dans son lit, des mains sur son front, des mots rassurants.
Son œil qui se régénèrent, son bras qui repousse. Les morceaux perdus se refont en plus forts, plus solides. Hors de question d'être brisés de nouveau par un chasseur de monstres.

Et puis, lorsqu'il se sent prêt, il fugue une seconde et dernière fois. Il ne reviendra pas. Il ne veut plus infliger cette souffrance à ses pères si aimants. Il s'enveloppe de son manteau achromatique et disparaît de la capitale, disparaît la galaxie, disparaît du monde entier.
'Nthandæ est trop dangereux pour exister davantage.


n

you better get real, real, real




••• âge : *compte sur ses doigts* Mince... J'en n'ai pas assez. *rajoute ses orteils* Roooh, depuis quand ça ne suffit plus ?
••• Sexe : Je suis une banane explosive souffrant du trouble maniaco-dépressif.
••• Avatar : Allen Walker, de D.Gray-Man gnihihihi.
••• Et sinon, comment votre fusée s’est-elle posée sur Pulsar ? : Et bien, j'ai beaucoup voyagé. J'ai traversé plusieurs galaxies, je crois même que j'ai passé un portail qui m'a fait changé d'univers. Des tas de personnages sont tombés de ma fusée, la plupart se sont écrasés et sont morts sur le coup ou en peu de temps. Et puis ma fusée est tombée en panne d'essence alors je me suis arrêtée sur la station service écurie où les gens sont sympas.
••• Des petites suggestions ou un truc à ajouter ? : Z'aime bien faire mes suggestions à la volée dans la cb en présence de Zuzu.
••• on a pas de question rigolote alors voilà un smiley  I love you  : ♥️♥️♥️

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Sujet: Re: 'Nthandæ ••• The universe seems neither benign nor hostile, merely indifferent.   Mar 17 Juin - 7:35
bienvenue sur pulsar 'nthandÆ !


mon dieu
mon dieu
MON DIEU.
/je reserve la fiche/
/je reserve l'histoire/

je. OK J'AI CARREMENT HATE. CA FAISAIT UN BAIL QUE JE ME DEMANDAIS COMMENT TU ALLAIS LE FAIRE MAIS JE SUIS CARREMENT OVER HAPPY rgoperjgopergjer

continue s'il te plait.
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Bestial

Sujet: Re: 'Nthandæ ••• The universe seems neither benign nor hostile, merely indifferent.   Lun 30 Juin - 5:18
Graaaw.
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XXXXXXXXXXXX III
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the weight of living pt 1 x
ancestors ♛ fille d'œdipe x
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send a wish upon a star ••• x
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PSEUDO : haya
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Sujet: Re: 'Nthandæ ••• The universe seems neither benign nor hostile, merely indifferent.   Lun 30 Juin - 9:04
y e s
je voulais tellement ce genre d'histoire pour than
je suis  j o i e
je suis  a m o u r
je te  v a l i d e

'nthandæ


tu es né sur pulsar ! maintenant que tu t'es présenté à lui, le roi te remet ton registre à étoiles et te souhaite une étincelante existence parmi les astres.
Bonne chance, et surtout, brille.

n'oublie pas de recenser ton avatar et de lister ta branche !
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Sujet: Re: 'Nthandæ ••• The universe seems neither benign nor hostile, merely indifferent.   

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