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MESSAGES : 20
FICHE : and the snakes start to sing ◘
CRÉDITS : jesus


Aquatique

Sujet: lullaby of deserted hell •   Mer 9 Juil - 21:42

identité

imagine that the life you thought you shared wasn't really there




••• Nom : Méduse
••• Racine : Aquatique
••• Branche : Serpent noir protéiforme
••• Vieillesse : Jeune.
••• Planète d'origine : Aspera

••• Pulséen, que penses-tu de ta chère galaxie ? J'ai l'impression de ne pas encore la connaitre mais... j'ai hâte de la voir comme elle est.
••• Et les autres habitants ? Comment les vois-tu ? Est-ce réellement l'harmonie entre vous ? J'aurais aimé mieux m'entendre avec les habitants d'Aspera ; mais désormais je ferais de mon mieux pour trouver l'harmonie. Je ne veux plus faire de mal à personne.
••• Pas trop difficile la vie sur Pulsar, dis moi ? C'est une vie qui vaut la peine d'être vécue.
••• Ton avis sur votre politique ? Je... je ne veux plus y penser - à tous ce que certains individus feraient pour éradiquer un roi qui n'a jamais rien fais de mal car je n'ai, personnellement, rien contre Phoebus.
••• Et les humains, ces drôles de créatures, comment les reçois-tu ? Méfiant ou accueillant ? Un avis quelconque sur eux ? Ils n'ont pas une très haute opinion des serpents ; je les comprend un peu ; c'est pour ça que je ne préfère ne pas m'en approcher, pour ne pas les dégoûter des autres habitants de nos belles planètes.
••• Quel souhait fais-tu aux étoiles du ciel de ta Galaxie ? Qu'elles s'occupent du sort de quelqu'un d'autre que moi.
••• Vas-tu briller, pulséen ? Autant qu'une créature noire le peut.


personnalité

It just existed in your head The reflection used wasn't you


Méduse veut être heureux - plus que personne - méduse veut être heureux et prendre entre ses doigts les rayons du soleil sur la plage en écoutant chanter le vent et sentir le cœur perdu sous les écailles noir se poitrine battre à l'unisson de la mélopée tendre des pas sur le sable Méduse veut être heureux agiter ses mains en direction du ciel bleu et attraper la joie tombant de cieux pour la manger comme une sucrerie fondante comme un médicament – Méduse n'a jamais su qui il était ou peut-être qu'il l'a trop su

le serpent noir protéiforme de l'océan d'aspera
héritier d'une lignée de tueurs royaux craint depuis des temps en ancestraux

Une identité attribuée à la naissance qu'il n'avait jamais voulu embrasser prendre dans ses bras mettre dans sa chair et il avait tant et tant essayer d'écrire un poème par-dessus les lignes noueuses de la malédiction de son code génétique Méduse avait réécrit son corps Méduse avait essayé de se modifier en une chose moins laide moins reconnaissable et de trouver dans le venin de ses crocs dans le poison de son sang
qui il était
et qui il voulait être

et maintenant il savait
il voulait être heureux
heureux et non plus seulement la docile chose de son Père l'objet de la crainte des mères celui que l'on ne laissait pas approcher les enfants de peur qu'il les étouffe – Méduse n'aurait jamais étouffé personne lui donc les doigts fins s'aventuraient parfois entre ses propres écailles pour gratter et gratter encore la rouille l'horreur le souvenir de son peuple
qu'il avait dans la peau

et quand il serait heureux
il irait s'excuser – encore – à nouveau – comme d'habitude à toutes la faune des eaux aux moindres coraux à tous ces gens qu'ils aimaient qu'il aimait depuis toujours car Méduse n'était qu'amour esclave soumis perdu dans un destin trop petit pour lui
et donc il se débarrassait

le serpent ferait sa mue
et à son tour brillerait



histoire

And wherever you are, land on another star



« Encyclopédie des Branches Aquatiques Notoires, page 712
le serpent noir protéiforme


Le troupeau noir funeste des missionnaires de la mort ne se séparait jamais ; animé de la même volonté de carnage, ils nageaient en lignes d'une cour aquatique à l'autre et leurs lignes comme des éperons décimaient les nobles et polluait le sang bleu de leur venin maudit ;
Exécuteurs funeste, l'on resta longtemps dans l'ignorance à leur sujet, attribuant les innombrables décès à la « malédiction royale des océans » avant que des contre-témoignages viennent informer le peuple de l'existence de leur engeance dégénérée ;  
Leur première apparition a été reporté par le sous-prince Augusto Deux alors que sa femme agonisait sur le lit conjugale, sa majesté, absent lors du massacre de son entourage, eut le temps de noter les symptômes causés par l'injection du poison de ces êtres venimeux – forte fièvre, paralysie complète du corps avant que l'être incapable de se nourrir meurt de faim ou de fossilisation avancée ;
La seconde vague d'informations au sujet de ces abominations fut offerte par des artificiels sous-marins convoqués en renfort, qui, par leur nature métallique ne furent pas incapacités par l'arme chimique des serpents ; ils décrivirent des êtres aux formes diverses – et purent être témoin d'un phénomène particulièrement étonnant, celui de leur mue accélérée. On apprit grâce à eux l'autre atout fourbe de cette race ; une évolution imprévisible, sur lesquels le facteur émotionnel avait un rôle des plus cruciaux, chaque mue réservant son lot de surprises et d'améliorations physiques. Se dégagèrent néanmoins des caractéristiques immuables ; les serpents noirs possèdent toujours des écailles sur une partie du corps ainsi qu'une paire de crocs venimeux. L'aide des sous-marins fut précieuse, mais la rouille causée par l'immersion prolongée les décima et les artificiels prirent la décision de laisser les habitants d'Aspera gérer leurs tourments ;

Le premier serpent prétendument pacifiste s'infiltra dans la citadelle des anciens pour venir, disait-il, présenter une solution au conflit ; mais ce fourbe se laissa tuer par la foule enragée venue réclamer justice ; foule qui décéda dans l'heure ; car le sang froid de la bête immonde n'était qu'une version édulcorée de ces venins ;

Le désespoir prit la population ; les serpents noirs protéiformes présentent une forme rare de branche offensive extrêmement dangereuse ; ils terroriseraient encore l'océan et seraient venu à bout de la racine entière sans compter le sacrifice héroïque d'une jeune fille perle de nacre de la forêt corail qui proposa humblement de s'infiltrer dans les rangs des serpents là pour servir d'ambassadrice – protégée par son statut non-organique et son hyper résistance minérale -
Elle se sacrifia et les extermina tous dans leur sommeil et fut décorée d'une médaille de l'honneur aquatique mais son nom n'a pas été rapporté à nos oreilles ;

Cette branche unique – il n'existe pas d'autres serpents aux écailles noires connus à l'heure actuelle – est aujourd'hui éteinte, mais son histoire sanglante reste un rappel constant de la nécessité d'une hiérarchie sociale et d'une bonne régulation de la justice marine. »



Il referma le volume brusquement et releva la tête pour jauger les réactions de l'assistance disposée en cercle autour de la découverte du jour.
Ces imbéciles étaient tous absolument terrifiés ; les enfants avaient été renvoyé au village et il ne restait que des adultes qui ne valaient pas grand chose, pétrifié devant un enfant qui n'avait encore rien fait de mal si ce n'est peut-être paralyser quelques petits poissons. Mais il fallait jouer la comédie pour les empêcher de tuer une si prometteuse arme dans l'oeuf ;

Et bien, la description du manuel correspond, écaille noire, poison paralysant, crocs... La mer est décidément pleine de surprise.
Il faut l'étouffer tout de suite, déclara une anguille – la voix tremblante.
Oh, ils pouvaient jouer tant qu'ils voulaient, quelques idiots craintifs n'étaient pas un obstacle à la providence qui s'était imposée à lui ; aujourd'hui, une branche oubliée venait de renaître, par les hasards de la génétique, le brassage perpétuel de l'océan – peu importait.

Le tuer reviendrait à signer notre arrêt de mort – une fois la créature inconsciente, le poison est sans contrôle.

C'était un mensonge facile, léger, délicat ; la peur de mourir, chez la plupart des êtres, dépassait l'envie de tuer. L'assemblée dévisagea encore une fois le petit serpent qui ondulait sur le sable fin. Aspera ne savait pas encore et Aspera ne saurait jamais – qu'un danger ancien avait ressurgi.

Mais... nous ne savons même pas s'il y a des parents. Il y en a peut-être d'autre. Ne devrions-nous pas prévenir Phoebus ? , demanda un père hippocampe, les yeux balayés par la terreur.
C'est une affaire d'aquatiques et d'aquatiques seuls, btrancha-t-il sans hésitation.

Il tira de sa sacoche l'objet dont il s'était munis en apprenant à la nouvelle de l'apparition de l'  « abomination » ; une petite cage à oiseau dorée qu'il avait gardé en sa possession, souvenir de ses quelques années d'existence à la surface, et lentement, il posa le genou contre terre, ouvrit la porte de la cage, et guida l'enfant serpent à l'intérieur – sous la stupéfaction générale. Il leur offrit un nouveau sourire. Il avait des milliers de sourire à revendre.

Ses parents doivent être loin de l'océan à l'heure actuelle, et je doute qu'ils soient de la même engeance que lui – la recréation d'une branche est un accident rare. Mais pour la sécurité du village, j'élèverais cette … créature et lui apprendrait à ne pas mordre. Il suffit de le surveiller d'ici sa mort et … ceci ne sera qu'un incident sans conséquences.

Murmures.

Faites moi confiance.

 
je vais t’appeler Méduse car tu leur ressemble et ensemble nous allons... étendre tes filaments et notre contrôle à l'ensemble de cet océan.
Je serais ton Père
mon enfant.



Le jour se lève aujourd'hui encore sur le village ;
Les volets s'ouvre les rideaux se lèvent les premières portes sont franchies par des enfants qui se pressent dans les ruelles du village coquillage ; et moi je les regarde pas la fenêtre de ma chambre qui n'en est pas vraiment une mais je remercie tous de même l'astre dont les rayons baignent l'océan pour cette couchette pour cette maison de galets taillées je remercie le jour qui se lève paisiblement ;
Père ne se réveillera pas pas toute de suite encore pas avant l'heure de la leçon du matin – je resterais ici en attendant, à perdre mon temps, mais ce n'est pas grave, ce n'est même pas vraiment important, ce n'est pas comme si je faisais partie de la vie de ce village.

Je m'appelle Méduse. Je suis un serpent noir. Je m'appelle Méduse, je suis un serpent noir, et parfois j'ai l'impression que ce sont deux choses totalement différentes – que l'on pourrait séparer pour faire deux être, celui que connaissaient les autres, et celui que je connais moi. D'un côté le serpent noir, celui qu'ils nomment le « tueur », le « maudit », l' « engeance du mal » et tous ces autres noms désagréables ; de l'autre Méduse, le fils de Père, qui habite dans la maison au galets bleus et qui n'a jamais réussi à se faire des amis. Deux personnes aussi mauvaises l'une que l'autre à leur manière – mais – ce ne serait jamais aussi simple – de n'être juste qu'une erreur – j'étais la somme de toutes les erreurs qui avaient été faites j'étais une grosse erreur dans un si beau tableau du jour qui se levait sur le village et – par réflexe et par honte, je me rabaisse pour ne plus regarder par la fenêtre et pour ne plus être vu par les autres à l'extérieur.

Je me sentais désolé de m'être levé si tôt.
J'avais envie de m'excuser auprès des enfants qui jouaient dehors – Emi et Orah, les jumaux étoiles de mer qui m'avaient jeté ce regard haineux avant de s'en aller jouer aux billes, Presinine la dernière née de cette grande famille de poisson dorées dont les écailles frémissaient toujours un peu en approchant d'ici, tous les autres – dont j'avais appris le nom puisqu'ils connaissaient tous déjà le mien, toutes ces personnes là à qui j'avais envie de présenter des excuses  - je les observais tous les matins ; et incapable de rester cacher, je me relevais pour que mes yeux soient au niveau de la fenêtre, juste mes yeux – peut-être qu'ils ne remarqueraient pas les écailles noires contrastant à peine avec la bordure grise du rebord, peut-être que -

Je t'ai déjà dis de ne pas perdre du temps à regarder dehors.

La voix tomba comme un couperet la voix de Père était comme un grand vent froid et d'un coup il n'était plus question de regarder par la fenêtre il n'était plus question de faire autre chose d'aussi futile que de batifoler à la fenêtre il n'était plus question de faire quelque chose d'aussi inutile de penser  je sais que la journée est déjà finie la journée est finie quand il arrive Méduse n'a plus le droit c'est le serpent noir qu'il veut et personne d'autre ;  
Je dois obéir aux ordres ;
Je dois cesser de rêver ;

Pardon, Père, murmurais-je.
Regarde moi quand tu parles. Répète, Méduse.
Pardon, Père, essayais-je encore la gorge serrée.  

Il sourit et dans le fond je suis fier de le voir sourire
J'ai fais plaisir à Père Père qui m'a raconté cent fois comment il m'a recueilli quand tous le monde voulais me tuer Père qui mentait aux autres pour me laisser vivre pour que je puisse mes lever tous les matin et regarder par la fenêtre même si je ne devrais pas vraiment m'autoriser des choses comme ça
Père sans qui je ne savais plus qui j'étais et il posa ses mains poulpeuses sur les écailles de mes épaules j'avais des épaules depuis quelques temps ma dernière mue s'était bien passée je lui avais fais plaisir
Il m'avait donné la permission de sortir

mais ma première ballade ne s'était pas bien passée

Ce n'est qu'une question de temps avant qu'ils ne te tuent, tu sais ; pour tous les crimes que les tiens ont commis ; ne perds pas ton temps à regarder par la fenêtre ; car un jour, pour moi, tu nettoiera la mer.



Tu ferais mieux de MOURIR bête pathétique enfant du mal tu es une ERREUR un MONSTRE un MEURTRIER MEURTRIER MONSTRE ERREUR MEURS la mer ne veut pas de toi PERSONNE ne veut de toi TU VAS TOUS NOUS TUER JE NE VEUX PAS QUE TU TUES MA FAMILLE est-ce que tu comprends que tu es une PLAIE une horreur laide et HIDEUSE
MEURS MEDUSE
MEURS
MEURS


il faisait nuit sur le village personne n'était debout personne n'était en train de crier ;
mon cœur était en train de transpercer ma poitrine ma respiration n'était qu'une série d'appel à l'aide d'appel à l'air j'avais chaud j'avais froid et j'avais encore peur
de mon cauchemar dont je n'arrivais jamais parfaitement à me réveiller
le même cauchemar ou les voix mêlées des habitants de la mer remontaient le long de mes écailles et s’immisçaient en-dessous s'entrelaçaient dans mes organes j'avais du mal de plus en plus de mal à ne pas cracher mes entrailles sur le sol oui c'était ça c'était exactement ça
j'avais l'impression de mourir

je ne me souviens pas quand j'ai commencé à avoir l'impression de mourir peut-être que c'était Père qui me l'avait trop répété qu'un jour ils allaient me tuer alors je l'avais pris au mot près je l'avais accepté comme une destinée

ce n'étaient qu'une question de temps avant qu'ils me tuent mais Père n'avait pas dis qu'ils s'y prendraient comme ça sans mettre les mains sans salir leur eau sans me laisser une trace il n'auraient pas fallu qu'on me touche j'étais
venimeux

meurs méduse meurs meurs méduse meurs MEURS

Lève-toi.
Père …
Lève-toi, Méduse. Maintenant.

étais-ce père ou une hallucination pathétique née de mon esprit pour me rassurer il était toujours aussi droit que d'habitude aussi autoritaire que d'habitude aussi faux que d'habitude
mais
je lui devais cette vie
dont ne personne ne voulait
elle était à lui et j'étais à Père ; alors je me suis levé et Père m'a attrapé à la gorge là ou ça faisait le plus mal à cet endroit précis qui dissimulait mes branchies pour me punir évidemment pour me punir j'étais son fils et il m'éduquait ; avec les ventouses de sa paume qui pressaient de plus en plus fort – est-ce que est-ce Père voulais me tuer aussi ?

Meurs méduse meurs méduse meurs tous le monde pensait la même chose
la pression s'amenuise soudain

Ce n'est qu'une question de temps avant qu'ils ne te tuent, tu sais ; pour tous les crimes que les tiens ont commis ; mais un jour, pour moi, tu nettoiera la mer.

Pourquoi pourquoi Père répétait-il toujours la même chose comme si je n'étais pas là je n'arrivais pas à comprendre mais je hochais la tête à nouveau essoufflé meurtri encore vivant et pourtant si triste Père pouvait passer sa main ses mots ses désirs à travers moi comme si je n'étais pas là comme si je n'existais pas étais-ce pire ou meilleur que d'être craint
de se faire piétiner ainsi sans retenue

Répète, Méduse.
Je vais nettoyer l'océan.
Bien.

Et je retombe sur le sol dur de la maison tête baissé yeux enfouis dans les souvenirs des insultes indélébiles Père remonte dans sa chambre mais son ombre planent encore
ses mains serrent encore

je ne veux pas nettoyer l'océan  



Je savais très bien ce que Père voulait dire quand il parler de nettoyer la mer ; ses plans de conquête de l'océan étaient disposés à la vue de tous sur son bureau et il suffisait de jeter un coup d’œil pour voir les petites croix rouges étalées sur la carte de l'océan et les noms – des gens qui n'étaient pas d'ici. C'étaient les déchets de la mer ; et un jour je nettoierais l'océan pour lui. Je tuerais ces gens car j'étais un serpent noir venimeux et qu'il n'y en avait pas deux comme moi dans les eaux d'Aspera ; tous le monde pouvait tuer – mais j'étais le seul maudit à des kilomètres à la ronde. Personne n'osait me toucher – personne n'osait me tuer – j'étais fais pour assassiner et je ne pouvais même pas me donner la mort – parce que j'avais peur. J'étais comme eux ; je craignais de mourir.
Père est parti ce matin en me disant qu'il reviendrait quand je serais prêt – prêt à nettoyer la mer, je n'existais que pour ça – et il m'a tourné le dos sans ajouter quoi que ce soit. J'étais resté assis sur le perron quelques heures, le regard perdu dans l'eau trouble ; quand Père était loin, il emportait une partie de ma personnalité avec lui.
J'imaginais ses pas sur les galets.

J'essayais de visualiser ma liberté en pensée ; de lui façonner une forme pour pouvoir m'en servir comme d'un outil, comme d'une béquille ; mais l'image mentale se dissipait au bout de quelques secondes et il avait fallu que je me rende à l'évidence – je n'avais pas de liberté tout ce que Père m'avait donné c'était du temps libre.
Pour réfléchir – réfléchir à la meilleure façon dont je pouvais lui servir, sûrement ; j'étais donc monté à l'étage pour m'asseoir et étudier le plan de conquête de Père de plus près. Posé dans son fauteuil, attelé à la tâche dans son bureau, je tentais de voir à travers la lentille déformante de ses ambitions.

Tout d'abord, Père allait m'envoyer tuer des poissons « à la solde de Phoebus » (Phoebus était le roi, je l'avais assimilé au file du temps, quand les enfants jouaient aux princes et aux princesses, il y avait toujours des histoires de « fils aquatique de Phoebus » et « batard océanique de Phoebus »). Après il fallait que je m'occupe de la foule en colère qui allait essayer de tuer Père – il y avait un lieu marqué d'une petite étoile sur la carte ou était annoté «ici, discours démagogue » ; le mot n'était pas expliqué.
Il voulait sûrement juste dire qu'il allait leur mentir. Père mentait beaucoup parce qu'il était plein de haine ; c'était ce que faisaient tous les gens, même les enfants. Ils disaient « je vais te tuer, Méduse » mais ils ne tueraient jamais personne ; parce qu'ils étaient trop gentil et trop sages, bénis de la mer, aux vies insouciante et pures. Ils me menaçaient de mort – de la mort générale – celle qui viendrait un jour, celle que la justice m'infligerait puisque dans le plan de Père, je tuais des innocents pour lui, éliminait les déchets de l'océan et moi, tâche noire finale, m'effaçait à la fin.

Je regardais le plan de Père dont j'étais le rouage centrale pris dans un mouvement inéluctable je ;
ne pourrais pas y échapper ;
j'allais nettoyer l'océan ;
j'allais mourir ;



Aujourd'hui j'ai décidé de sortir me promener - la même boule au ventre que toutes les fois précédents car j'ai envie de sortir autant que j'ai envie de rentrer en moi-même et de disparaître mais dehors dehors il n'y a pas tous les livres de Père que j'ai déjà lu une dizaine de fois – sa copie de la page sur les serpents noirs extraite de l'encyclopédie des océans - les lettres d'insultes glissées sous la porte qu'il récupérait toujours avant que je ne puisse les intercepter ;
cela ne fait pas longtemps que je sais lire Père avait décidé que ça en valait finalement la peine ;
les lettres disaient la même chose que mes cauchemars MEURS MEDUSE MEURS CREATURE ;

je marche doucement dans le village je fais mes premiers pas en silence avant que la pluie commence
la pluie d'insulte

mais cette fois-ci c'est différent car une lame brille dans l'assistance un courant électrique me passe dans le sang le reflet de mon visage dans la lame alors qu'elle s'approche la couleur saisissante de la peau du requin qui est d'un gris qui ressort sur celui des murs et sans avoir conscience du danger il s'approche pour enfoncer son arme

et je le tue
sans savoir pourquoi

réflexe du prédateur sur sa proie.



Quand il revient il n'y a plus personne au village parce que je les ai tous tué.
Le meurtrier est le dernier témoin du massacre et il attend sur le perron la suite des événements qui arrive sans se faire prier ; je mue une fois, deux fois dans cette période d'attente et à chaque fois mes crocs sont plus longs – je me mords pour vérifier
que je n'arrive pas à me tuer -
il a l'air tellement heureux -

« Tu es prêt ; ensemble nous allons nettoyer l'océan. »

C'est fou comme plus rien n'a de sens quand on a appris à oter une vie dont on avait appris le prénom – une vie dans laquelle on avait investi une partie de son cœur une partie de son âme je les vois flotter loin là-haut leurs dépouilles à la surface comme des morceaux de ma vie que les vagues éloigneront bientôt ces gens qui m'avaient fait exister par procuration
je m'étais imaginée sur la balançoire à la place d'Elise
je m'étais imaginer les bonbons comme Omera
et m'étais inquiété pour eux comme leur parents

pourquoi les avais-je tué -

Père et moi marchons solennellement vers la première croix de sa liste dans un silence absolu. Je n'arrive plus à parler – quand je parle j'entends les mots d'un meurtrier, et Père s'exaspère, Père s'exaspère que j'existe ; il voudrait pouvoir me prendre dans sa main extraire mon poison le mettre dans une seringue l'injecter à ses ennemis il n'avait pas demandé à être Père Père c'était moins bien que Roi. Je servais à Père comme un outil aurait servit au mendiant construisant son palais – Père ne pouvait pas grand chose sans moi – et je ne pouvais rien contre Père comme deux spirales entrelacées nous ne pouvions nous séparer avant – avant d'avoir nettoyer l'océan ces quelques mots que j'étais venu à abhorrer.
Tuer me donnait envie de mourir.
Père avait mis une cape sur mes épaules pour cacher mes écailles et mes cheveux longs cachaient la majeure partie de mon visage ; ainsi ils ne sauraient pas ce qui leur tomberait dessus quand mes dents chargés de mort s’enfonceraient dans leur peau. J'allais tuer ces gens ; je n'allais pas tuer ces gens ; j'allais tuer ses gens ; je n'allais pas tuer ses gens – me répétais-je encore, arrachant les pétales d'une fleur des eaux imaginaires incapable de me décider

Nous marchâmes longuement avant d'arriver devant le premier déchet dont j'allais – dont je n'allais pas – débarrasser l'océan ; c'était un poisson arc-en-ciel qui se reposait sous un massif d'algues ondulant dans le courant

Va le tuer -
Je...
Va le tuer, Méduse. Ton père te l'ordonne.
N-Non.

La gifle claque comme une détonation étouffée ; et maintenant la cible le déchet nous regarde Père et moi la Chose et le Maître l'utilisateur est l'objet aujourd'hui le couteau de Père avait refusé de trancher et c'était inacceptable ;

TUE LE. TUE LE. TU N'EXISTES POUR RIEN D'AUTRE MEDUSE. TU N'AS PAS LE CHOIX.
Je veux tuer personne, murmurais-je, étouffé en regardant les pieds, je ne veux tuer personne je ne veux plus tuer personne....

Il releva mon menton, ses ventouses remontant jusque sur ma bouche et dans un hoquet il me força  à voir ma cible – non ce n'était pas ma cible je ne voulais pas être un prédateur – REGARDE TA CIBLE MEDUSE ET VA LA TUER – père non père je ne le ferais pas sa ventouse commençait à trembler
ce scénario était impossible
je n'existais pas vraiment
comment pouvais-je exercer une quelconque volonté

Père était fou

mais il essaya une dernière chose

PERSONNE NE T'AIMERA JAMAIS MEDUSE. PERSONNE. SANS LA HAINE DU MONDE. TU N'ES RIEN.

Une onde soulagement détendit les muscles de mon corps il n'avait plus d'arme il avait utilisé son dernier atout – mais je ne craignais pas la haine – je baignais dedans – j'absorbais le poison de cette mer -
je ne tuerais plus jamais personne



il m'a rapporté au village sans rien dire enchainé dans ses tentacules j'aurais pu le mordre - non je n'aurais pas pu mordre Père je ne voulais plus tuer personne, jamais, jamais -
et c'était Père qui me craignait qui me détestait avait-il seulement cru à son plan qui m'attirait au sous-sol de notre maison sous les galets il y avait encore un étage d'eau

et une grande cage de métal transparent
Père était comme les autres

engeance maudite, grogne-t-il entre ses dents

je ne retourne pas l'insulte il a raison je suis d'une engeance maudite il a raison les serpents noirs ont assassiné tant de monde une de plus une de moins cela n'aurait chamboulé personne
soit moi

moi Méduse

si tu n'es pas avec moi tu es contre moi

c'est la dernière chose que Père me dit avant de fermer la porte de cellule je le vois partir et je me demande si il est fier d'avoir enfin d'avoir finalement – réussi à nettoyer son océan.




depuis combien de temps suis-je enfermé

   je n'arrive plus à dormir depuis ma dernière mue et je n'en peux plus de muer non plus car les mues ne changent rien
 je mue pour avoir à manger autophagie forcée j'avale des lambeaux de ma propre peau un haut-le-coeur après l'autre je me hais je me hais je me hais meurs méduse meurs pourquoi ne suis-je pas mort plus tôt est-ce que je tiens tant à vivre que ça alors qu'il n'y a plus d'espoir Père m'a abandonné quand mes paupières tombent je sens encore sa main contre ma gorge qui m'étouffe sa gigle qui exprime cette déception exacerbée le soulagement des premiers instants est parti je n'aurais plus jamais à obéir à Père et à ses ordre et je n'aurais plus jamais à tuer mais il était trop tard ;
trop tard pour résister ; la pensée suprême revenait ;
j'avais tué

j'avais tué et mes intentions importaient peu  puisque je l'avais FAIS j'avais TUE QUELQU'UN j'avais tué PLUSIEURS sans avoir besoin à réfléchir engeance maudite serpent prédateur c'était écrit et si l'autre m'avait attaqué le réflexe serait venu aussi vite j'aurais pu faire PIRE

que le temps était long et qu'il faisait froid
j'arrache quelques une de mes écailles pour ressentir quelque chose mais il n'y a rien
j'arriverais à nouveau à dormir quand je serais mort

un ; deux ; trois ; quinze ; mille
j'ai cru entendre quelqu'un frapper à ma vitre ; ça y je suis fou mon esprit va enfin partir mais – j'entends encore des coups contre la vitre il faut que je me reprenne mille mille-un mille-deux mille- quoi

grand fracas de verre
une silhouette céleste au milieu de débris
qui avance vers moi - la mort est venue me chercher

Je suis tellement désolée , murmura-t-elle en se jetant à mon cou.

qui étais-t-elle pour faire ça
j'avais perdu le compte de mon attente et les parois de la vitre brisée flottaient maintenant librement dans l'eau et puis ce toucher soudain une sensation cela faisait des milliers de milliers de milliards de nombres que personne n'avait pas osé mettre la paume sur mes écailles et les souvenirs affluent à la surface de ma peau comme une pluie de réminiscence comme un orage sous l'océan
la gifle de père le couteau du requin les doigts qui glissent contre mon corps visqueux alors que les innocents respirent leur dernier souffle dans un soupir exténué de leur branchies et le son puis vient le son les cris les insultes la détonation de leurs voix qui hurlent sauvez-vous gardez-vous ne le touchez pas ne regardez pas Méduse ou vous allez
vous allez mourir

je ne voulais plus jamais tuer personne

il faut que vous … reculiez....

je trouve des mots je sais encore parler

ton poison ne peut pas me tuer, Méduse. Regarde. Je respire normalement. N'aie pas peur.

Alors j'obtempère et je la regarde elle qui me dit de ne pas avoir peur – mais je sens ma poitrine qui se soulève rien qu'à l'idée que je suis libre que j'ai de nouveau cette liberté effrayante de pouvoir faire ce que l'on me forcera à faire cette possibilité terrible de pouvoir à nouveau être influencé par l'extérieur et agir sous la contrainte mais mes pensées s'apaisent un instant
en la regardant
elle est belle comme l'océan même ; ses longs cheveux noirs flottant dans la direction du courant le blanc de ses yeux pur scintillants opalins sa modeste tenue juste une jupe rose juste une longue chemise blanche mais elle était tellement jolie et calme paisible comme le ressac à la surface brillante comme la lumière perdue dans les reflets de l'eau
il y avait quelque chose dans ses yeux qui faisaient un écho et cet écho s'aventurait dans mon cœur
non, évidemment, elle n'avait pas peur elle arrivait même à sourire et calmement elle me laissa partir, ajusta les plis de sa robe avant de se présenter comme si c'était naturel
mais c'était tout à fait extraordinaire

Je suis Nebulline, mais on m'appelle aussi la première perle. Enchantée de te rencontrer, Méduse.

Et je savais que j'aurais du trouver autre chose à penser mais tout ce qui venait c'était
plaît-il
j'avais du mal à comprendre toutes ses phrases qui s’enchaînent quand il y a quelques minutes à peine quelques minutes encore je comptais le temps infini qui me séparait de ma mort et désormais Nébulline était là Nébulline et son prénom qui tintait qui rimait et s'entrechoquait avec toutes les autres jolies choses les coraux les algues soleils les poissons arc-en-ciel et les coquillages en croissant de lune Nébulline était comme un étoile de nacre dans le ciel des profondeurs
un éclair paralysant

Je suis venue ici dès que l'on m'a raconté ton histoire mais il m'a fallut tant de temps pour te retrouver mais désormais je suis là et … nous pouvons partir.

Non non non et non ; je ne pouvais pas partir. Je n'avais jamais su partir devant – toujours trainé, enchaîné, esclave soumis servant sans cesse accablé par les mêmes ordres qui s'étaient gravés qui étaient rentré dans ma peau, subrepticement, sans crier gare, jusqu'à ce qu'ils ne fassent plus qu'un avec mon code génétique c'était encré dans mes veines écris en lettre de poison noir par-dessus le passé de mon espèce ma branche accablante mes meurtres étaient les leurs leurs massacres m'appartenaient
j'étais eux ils étaient moi et ensemble nous étions coupable d'avoir écris notre légende macabre à coup de poignard

jamais je ne pourrais rejoindre la lumière avec elle  

On m'a dit de rester ici pour expier mes crimes et si je pars je... je déshonore... tous les gens que j'ai tué... je ne veux pas salir la mer encore plus.... je n'ai pas le droit... de...retourner salir la mer. Je vous en prie … allez-vous-en...

Les mots s'étouffaient dans ma gorge – pieux mensonge – je n'étais pas là pour expier mes crimes mais je m'étais forcée car ; j'étais l'origine du problème.
Je ne voulais pas dire ça ; je ne voulais pas répéter encore et toujours les phrases de père son sermon du matin son discours de conquérant je ne voulais pas porter une toge qui n'était pas la mienne mais je n'avais pas appris autre chose ô comme j'aurais voulu j'aurais voulu avoir une volonté pour lui dire
merci ; s'il te plaît ; je veux bien ;
mais ces mots n'étaient pas à moi
et j'avais déjà pris tant aux autres.

Ce n'était pas... ce n'est pas de ta faute.
Si.
Je... je vais m'occuper de toi. Je te le promets.
Je ne mérite pas qu'on me fasse de promesses.

Ses poings se serrèrent et un éclair de frustration traversa son visage pourtant si serein une minute auparavant ; la brillance de ses prunelles, l'éclat de sa peau n'existaient que pour contraster l'ombre de ses paupières mi-closes et de sa lèvre supérieure tremblante de colère contenue ;
j'avais offusqué nebulline
comme j'avais offusqué tout l'océan

C'est faux, Méduse. Tout est faux. Tout ce qu'on dit sur toi est faux... je suis la première perle et j'ai vécu plus longtemps que n'importe qui dans cette mer ; je suis plus vieille que le corail qui a fait ton village, plus vieille que le premier coquillage du palais des Anciens ; j'ai vu le Globzoul manger la moitié des notres en une bouchée ; quiconque croise mon chemin me doit le respect en tant qu'aquatique ancestrale, appelée à cette tâche justiciable par Phoebus même, et je ne tolérerais pas qu'on s'oppose à mes décisions.

Son ton avait la majesté propre à ceux qui avaient apposé leur main sur les pages de la grande Histoire même – je ne pouvais pas ne pas admirer Nebulline, qui n'avait pas peur de moi, qui n'avait peur de rien, et qui pourtant ne pouvait pas non plus être qualifiée d'indifférente – ses paroles vibraient d'une conviction comme portées par la voix des fantômes de l'océan
pourquoi
pourquoi Nebulline avait-elle brisé la porte de ma cellule pourquoi Nebulline ne m'avait pas laissé mourir elle qui savait pour nous elle qui les avait probablement connu eux les autres moi les autres serpents tueurs massacreurs profanateurs elle qui connaissait déjà la vérité de ces eaux

Et je suis redescendu dans ces eaux car il est de mon devoir de réparer une injustice.

J'aurais aimé que Nebulline arrête de parler pour ne plus sentir ce couteau tranchant s'immiscer entre mes écailles ce glaive vengeur qui me disait que j'avais commis un crime plus grand que moi qui me punissait d'avoir écouté Père Père et son impudence Père qui pensait pouvoir nettoyer la mer
quand la mer et ses mercenaires pouvaient si facilement se débarrasser de lui tant de choses disparaissaient avec les vagues tant de chose changeaient sans autre témoin que
Nebulline et les anciens et -

Tu n'es pas responsable de ce que l'on t'a fait faire, tu n'es pas responsable... d'avoir été blessé quand on t'a frappé, tu n'es pas coupable d'avoir souffert et … tu n'es pas né pour être tué. Les êtres viennent, vivent, et meurent mais... ce n'est pas une raison pour refuser d'exister à ton tour. Je te libère. Voilà ma décision, Méduse – et elle est irrévocable.

c'était trop ;
Et je laissais éclater quelques sanglots froids, prisonniers de mon cœur, enfermés dans mon âme, depuis si longtemps, comme si ses doigts fragiles en avaient fait sauter le verrou, et je m'autorisais, à laisser ma tête tomber sur son épaule, même si ce n'était pas bien, même si je ne le méritais pas, car les yeux perdus dans ses cheveux, j'arrivais presque à entendre la vibration de la perle qui résidait sous sa poitrine, l'objet précieux et rare qui la maintenait en vie ;
évidemment que tout était de ma faute pourquoi ne voulait-elle pas me croire
mes yeux mouillaient ses mèches et mon venin noir s'était immiscé sous ses ongles mais elle continuait calmement à caresser de sa paume douce l'espace endolori de mon dos comme si ce n'était pas grave comme si ce n'était rien et qu'elle n'était pas salie et -  j'avais déjà vu faire ça, cette étreinte rassurante, entre les enfants du village et leur parents, lors de retrouvailles après une séparation difficile, dans un moment d'émotion intense, une gestuelle qui partait des mains et qui remontait jusqu'au visages, tous ces magnifiques visages, et leurs sourires brillants et – j'avais voulu savoir ce que ça faisait d'être comme eux, tant de fois, d'avoir des amis comme eux, des parents comme eux, de l'amour comme eux
mais je ne le méritais pas comme eux
et je sanglotais encore un peu plus, incapable de m'arrêter, incapable de ne pas ressentir ce qu'il y avait dans mon cœur à cet instant là une sorte de lumière irradiante une luciole dans la nuit une vie dans cette longue mort qui avait été la mienne-
nébulline me serait dans ses bras comme si je n'étais personne d'autre que moi pas l'héritier d'une lignée de tueur par le fils de père pas même un venimeux serpent des mers juste une existence qui valait la peine d'être vécue

et nebulline sorcière magicienne miracle tombé du ciel
rompit la malédiction d'une seule incantation

Je vais t'emmener loin d'ici.  



« je parie que tu n'as jamais vu de musique Méduse, regarde, quand je souffle ici
les bulles font vibrer l'eau et commencent à remonter à la surface
une mélodie partie des abysses peut arriver parfois intact jusqu'aux plages

un être partie des tréfonds peut aller voir le soleil
ce n'est pas de ta faute Méduse
ce n'est pas de ta faute et je te pardonne »


Je fonds en larmes à chaque fois que Nebulline me touche ; mais je ne pleure pas pour elle – seulement sa paume tiède fait ressortir toute les blessures à la surface, comme une invocation magique, toutes les petites insultes, les menaces, les cris dans mes oreilles et – je pleure mais je guéris à chaque que Nebulline me touche et elle sourit doucement comme si elle redoutait de me faire peur, alors que nous remontons à la surface ; la grande inconnue ; mais Nebulline m'a dit de ne pas m'en faire – qu'elle avait vu les miracles de l'océan – que je pourrais quitter cette planète.
Je n'arrive pas à croire que le monde est plus grand qu'Aspera et que certaines créatures ne vivent aps dans l'eau ce qui est stupide car c'était sûrement connu qu'il y avait plus d'une planète et d'une étoilée dans la galaxie ;
Nebulline m'a dit que la galaxie s’appelait Pulsar ;
j'ai trouvé le nom magnifique
Nebulline m'a parlé encore de Cogstrom et de Bifröst, de Sparklux et de la terre des songes et j'ai senti que je rêvais
que je rêvais d'aller là-bas

alors j'ai pleuré encore.

nous sommes presque à la surface, prépare-toi, je pense que ta mue commencera dès que tes écailles sentiront l'air, ça va peut-être faire un peu mal mais je t'aiderais à ne pas te noyer.... Si tu veux bien me faire confiance.
je....

je ne comprenais pas pourquoi elle voulait ma confiance je ne savais pas faire confiance j'étais à peine capable d'obéir oh si je savais je savais aller contre mes convictions mais Nebulline me regardait avec son cœur brillant qui montait jusqu'au bord de ses yeux ;
elle ne voulait pas que je lui obéisse elle avait rangé la voix ténébreuse dans la poche de sa chemise
elle demandait ma confiance

est-ce que j'étais heureux ou gêné je ne savais pas mais j'avais envie essayer
essayer de donner ma confiance
en espérant qu'elle ne soit pas faite du même poison que mes dents

j'ai confiance en v... en t... je veux dire je …
nous sommes presque au bord d'une île. Compte jusqu'à trois dans ta tête et met la tête à la surface. N'aie pas peur. C'est le même oxygène que tu respirais sous l'océan.

Je suis désolée pour Nebulline qui doit se lasser de lire la même crainte sur mon visage non je n'ai pas peur de l'air que je respire même si j'en donne l'impression mais j'ai ces ongles qui sont rentrés dans mon cœur et les ventouses oppressantes des mains de Père qui le tienne encore il faudrait que je meurs pour ne plus être moi cette créature aux écailles noires et aux pensées cadenassées renfermées écrasées sous un livre d'histoire pulséenne alourdi encore par les cadavres de ceux que mes parents
et les parents de mes parents et ceux d'encore avant
avaient tué

Tu peux y arriver Méduse.

Alors je le fais - puisque je le peux je compte un je pousse en avant deux mes cheveux algueux sentent déjà la brise froide à la surface de l'océan trois j'essaye de respirer mes yeux s'ouvrent en direction du ciel et je sens que ma peau implose comme une étoile comme un geyser de feu je connaissais cette sensation cette douleur de sentir son corps en train de s'étendre comme un voile long comme une mélodie improvisée mon anatomie se réécrivait ; cela faisait mal ; grandir faisait mal ; sans contrôle sur mes muscles ma tête commençait à sombrer à nouveau dans l'eau – mais Nebulline me tenait tandis que mes branchies s'agitaient animées par une contradiction ; je suffoquais et je respirais en même temps – comme je l'avais toujours fais
se battre pour vivre
et lutter pour mourir

non ;
je ne voulais plus mourir avant d'avoir vécu.



On se réveille, l'endormi, pépia joyeusement Nebulline avec une excitation adorable dans la voix.
Je ne m'étais pas endormi – je ne m'étais pas senti tombé dans le sommeil et mon dernier souvenir remontait à la respiration que j'avais essayé de prendre à la surface de l'océan oh mais - je n'étais plus sous l'eau, réalisais-je en entrouvrant les yeux, prenant conscience peu à peu de la sensation du sable chaud sous mon corps – et je n'étais pas non plus mort puisque Nebulline était là, penchée sur mon visage, ses cheveux tombant long rideau noir protecteur au travers duquel filtrait la couleur du jour – ce qui ne pouvait dire qu'une chose ; j'avais réussi à mué. Je respirais. Je respirais l'air du dehors.
Je suis en … je suis en vie ? Demandais-je, un peu étonné.
Tu m'as fais tellement peur ! C'est la première fois que je vois un serpent s'évanouir pendant sa mue... et je suis née en même temps que cet univers, tu sais.
Et elle éclata de rire comme si il ne s'était passé absolument rien de grave ; Nebulline souriait riait tourbillonnait et me prenait les mains avec un naturel incroyable elle qui devrait être si vieille et qui vibrait d'excitation comme si son existence venait à peine de commencer – mais non c'était
c'était mon existence qui venait se changer ; j'étais sous le soleil ; le front encore ruisselant de Nebulline brillait alors qu'elle me relevait pour tourner avec elle – et soudain une nouvelle prise de conscience ce n'est plus ce n'est plus la même sensation qu'avant alors je regarde mes bras et je sursaute je ne peux pas m'empêcher de parler je ne peux pas me retenir de lui dire ;
Mais j'ai de … j'ai de la peau ? Je n'en ai pas vu beaucoup sous l'océan mais... c'est de la peau sur mes bras ?
Je l'entends rire encore ;
Tu es incroyable... oui, c'est de la peau, enfin, on dit de la chair quand c'est mou comme ça... félicitation Méduse, tu as de la peau... je te ferais des vêtements pour cacher les écailles qui reste, si tu veux...
Nebulline je.. !
J'avais mué tellement de fois sous le règne de père pour ressembler à son idéal pour avoir les dents plus pointues le poison plus vif la mort plus facile et aujourd'hui en ce jour marqué par la blancheur du ciel j'avais mué pour moi moi-même moi seul j'avais l'impression d'enfin commencer
à me ressembler
est-ce que je pouvais dire que j'étais joyeux étais-ce le nom qu'on donnait à ce grand brasier qui s'était allumé sous ma poitrine près de mes nouveaux organes respiratoire étais-ce même un fragment de bonheur qui venait se couler dans les fissures de mon cœur
je serrais Nebulline dans mes bras sans hésitation Nebulline brillait tellement
et nous tombons sur le sable emporté dans notre mouvement car je n'arrive pas à contenir ce grand élan désolé Nebulline c'est la première fois que je suis – enfin je crois – joyeux j'étale mes bras comme une étoile de mer sur ce sable providentiel

tout est baigné de soleil et de larmes de joie
l'air est tellement plus léger que le poids des eaux glacées le poids de la destinée

j'arrive à rire mon rire est hideux mais c'est un bruit qui donne des ailes à mes rêves je ne me suis jamais entendu rire comment aurais-je pu savoir combien cela faisait du bien
qu'allais-je apprendre encore

Je veux tout savoir sur ce monde, déclarais-je brusquement.
Je suis sure que tu vas adorer l'univers, répondit-elle en souriant.



La véritable histoire des serpents noirs protéiformes d'Aspera, par Nebulline DeNacre
Prologue

Vous trouverez certainement à la bibliothèque de Baudroie la version officielle de cette histoire, déformée par les préjugés, écrite par un calamar aigri – et je vous remercie déjà d'avoir ouvert cet ouvrage, par curiosité ou appétit peut-être ; qui n'aime pas lire les « vrais » histoires ? Je promets de récompenser vos efforts avec les détails croustillants que seule une participante active de cette légende peut fournir ; j'ai en effet connu la peuplade des serpents noirs, de près, de très près, bien que le mythe ait pris soin de déformer mon identité (on ne peut vraiment pas faire confiance à tous les narrateurs!). Je m'appelle Nebulline ; première perle de Nacre née à une époque ou Aspera n'avait pas encore d'existence propre – aussi, le qualificatif de « jeune fille » qui m'est attribué de la version officielle de ne me sied guère – et je m'excuse d'avance si, dans les pages qui suivront, je radote comme la vieille dame que je suis.
Le souvenir de mon expérience avec la branche récemment réanimée des serpents noirs n'est pas des plus doux ; mais je ne fuirais pas mon devoir.
Il est tant de rétablir la vérité.

Je souhaite dédier cette ouvrage au dernier serpent noir connu – à toi, Méduse et à ta nouvelle vie.

Bonne lecture !



#thuglife

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Sujet: Re: lullaby of deserted hell •   Mer 9 Juil - 21:58
bienvenue sur pulsar méduse !


j'ai envie de la jouer cool en mode "ouais méduse a l'air plutôt cool et intéressant continue ta fiche petit serpent des mers" mais je sais pas si j'en suis capable
j'étais juste là #woah devant mon écran en fait so euh yeah
courage pour ton histoire ?
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Sujet: Re: lullaby of deserted hell •   Jeu 10 Juil - 10:13


méduse


tu es né sur pulsar ! maintenant que tu t'es présenté à lui, le roi te remet ton registre à étoiles et te souhaite une étincelante existence parmi les astres.
Bonne chance, et surtout, brille.

n'oublie pas de recenser ton avatar et de lister ta branche !
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Sujet: Re: lullaby of deserted hell •   

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